Je ne suis pas fan de Guy Carlier. Encore moins de Nadine Morano.
Mais quand un bon ami vous offre une boite de chocolats, une cravate ou un livre, vous avez envie de consommer...et puis connaitre l'adversaire n'est pas forcément inutile dans le combat politique. J'ai donc lu cet ouvrage sous-titré "une chanson populaire" et présenté comme le meilleur livre de Guy Carlier.
Comme je n'ai pas lu les autres, je ne ferai pas de commentaire sur ce point. Bon, ne soyons pas trop durs, ce livre contient quelques morceaux de bravoure (la visite de la cité ouvrière où la belle Nadine a grandi, la description d'une conférence de presse à l'Elysée ou le gentil Guy éreinte tous ses confrères) ainsi que des portraits de personnages politiques assez savoureux, parfois même un embryon d'analyse politique, mais disons que l'auteur n'aura pas vraiment tenu sa promesse "je la détestais, vous aller l'aimer" car ces 209 pages n'y suffiront pas.
L'information principale, c'est que cette ministre plus sarkoziste que Nicolas compte parmi ses amis, tenez-vous bien, ni plus ni moins qu'une personne de couleur prénommée Solange. Nadine a une amie noire ! et Guy Carlier de s'extasier sur cette improbable amitié "rien que pour cela je suis heureux d'avoir écrit ce livre". Bon, si ça le rend heureux tant mieux, mais encore ? Qu'est-ce que ça apporte au débat ? Veut-il sous-entendre que malgré ses nombreuses saillies anti-immigrés sa Nadine ne serait finalement pas si mauvaise, la preuve, elle a une amie noire...
Souchon aurait dit : consternation.
En revanche, je me demande si M. Carlier a pris la précaution de faire ami-ami avec un chauffeur de taxi ou avec un serveur de bistrot, car les descriptions méprisantes qu'il nous en livre sont un "bel" exemple de racisme social.
Pour nuancer ce propos qui n'est pas très gentil, je cite tout de même le meilleur passage du livre : "Car on n'aime plus jamais comme on aime à douze ans. On ne meurt jamais non plus comme on meurt à douze ans, dans la cour de récré, blessé à mort par la flèche imaginaire d'un Apache de CM1, tombant d'abord à genoux de façon shakespearienne puis, tandis qu'on tend le bras pour attraper le vide, murmurant d'une voix rauque "Dites-leur que je me suis battu jusqu'au bout" dans un dernier soubresaut d'agonie." (page 185)
* je sais, je ne suis pas critique littéraire, mais Guy Carlier n'est pas non plus écrivain
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